Coups de coeur.
Avant les vacances je tenais à vous présenter quelques romans « coups de cœur » du lycée de la Tourelle.
Littérature de jeunesse. (4ème – 3ème et au-delà… ça marche même avec les terminales)
- Meyer, Stephenie, Fascination, puis, Tentation, Hésitation et enfin Révélation, Hachette Jeunesse, "Black Moon".
Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire.
Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain. Il est plus que ça. Bella en est certaine.
C’est une histoire d’amour entre une humaine et un vampire, sous fonds de conflits entre les clans et de légendes sur les loups-garous. L’ambiance onirique va parfaitement à cette romance parfois tragique. Les élèves ne décrochent pas de l’histoire et engloutissent les tomes pourtant conséquents. Bien sûr, c’est surtout pour les filles.
Je ne saurais que trop vous les conseiller, d’autant que le film du 1er volet sort bientôt au ciné. La pub est toute faite !
· Blackman, Malorie, Entre chiens et loups, Milan, « Macadam », 2005.
Dans un monde semblable en tous points au nôtre, la société est divisé en Primas – les hommes et les femmes de peau noire, les dominants – et Nihils – les Blancs, à qui on réserve les tâches les moins intéressantes -. Sephy, une Prima fille de ministre, et Callum, un Nihil, ont grandi ensemble, la mère de Callum étant nourrice de Sephy. Ils sont maintenant adolescents, et… amoureux. Tous deux vont fréquenter le premier lycée « mixte », dont l’ouverture donne lieu à des émeutes. Maladroits à exprimer leurs sentiments face aux pressions racistes, ils se brouillent. Parallèlement, le père et le frère de Callum, qui appartiennent à une organisation terroriste, posent une bombe au centre commercial.
Imaginez un monde où les blancs sont les "esclaves" et les noirs la classe dominante. Imaginez un monde en proie à la guerre civile. Imaginez une romance à la Roméo et Juliette. Cela donne un magnifique roman sur les thèmes du racisme, de la guerre et des amours impossibles. C'est un récit à 2 voix : lui et elle, ce qui permet de ne pas être dans le clan des uns ou des autres.
Extrêmement émouvant.
- ZEVIN, Gabrielle, Une vie ailleurs, Albin Michel, « Wiz », 2005.
Liz Hall, 15 ans, vient de mourir dans un accident de vélo. Elle se retrouve sur Ailleurs, un lieu où les défunts rajeunissent jusqu'à redevenir bébés avant de repartir dans le grand cycle de l'humanité... Pour Liz, qui rêvait d'atteindre enfin ses seize ans, le choc est brutal. Car elle n'a aucune envie de rajeunir. Ce qu'elle voulait, c'était décrocher son permis de conduire. Entrer à la fac. Connaître le grand amour. Il va pourtant lui falloir faire le deuil de son ancienne vie sur Terre avant de trouver un sens à cette nouvelle existence...
C’est un roman très original sur la mort et ce qu’il y a au-delà. Gabrielle Zevin a inventé un « monde des morts » où les morts vivent mais rajeunissent ! C’est parfois triste, parfois drôle même si l’écriture n’est pas parfaite.
· Rosoff, Meg, Maintenant, c'est ma vie, Albin Michel, « Wiz », 2006.
Il vient de sortir en poche chez Hachette Jeunesse.
Daisy, une jeune New-Yorkaise, passe l'été chez ses cousins en Angleterre. Après des instants de bonheur intense avec Edmond, un de ses cousins, un attentat à Londres déclenche une guerre terrible qui va les séparer…
Dans ce roman, tout commence bien, il fait beau, chaud, les personnages sont heureux et amoureux dans un décor champêtre...bref, on croirait à une idylle parfaite.... jusqu'au moment où la guerre frappe. Les personnages sont séparés et doivent luter pour survivre avec un noeud au ventre parcequ'ils ne savent pas ce deviennent les autres. C'est un récit poignant et déchirant, on souffre avec les personnages. La fin est bien écrite. J'ai plusieurs fois conseillé cette oeuvre et elle a toujours été beaucoup appréciée !
Un gros coup de coeur pour cette oeuvre qui fait réfléchir sur les conséquences psychologiques des guerres. C’est un bon roman sur le thème de la séparation. L’écriture est simple, facile d’accès. La couverture est splendide et accrocheuse. Même les garçons sont touchés par le récit.
Dans la même collection, je vous conseille également Reine du fleuve, d’Eva Ibbotson, qui traite de la forêt amazonienne.
ANDERSON, Jody Lynn, Peau de pêche, Albin Michel, « Wiz »
Comment découvrir le secret de la parfaite pêche de Géorgie ?
- Travailler tout l'été dans un verger avec deux filles qui n'ont rien (mais absolument RIEN) en commun avec vous.
- Tomber amoureuse sous le soleil torride du Sud.
- Savourer l'odeur des pêchers, la fraîcheur d'un lac en pleine nuit...
- Mais surtout, comprendre que l'amitié est plus forte que tout.
Je sais… le résumé est vraiment niais mais tout l’intérêt de ce roman tient au verger, à l’odeur de pêche qui s’en dégage… il est un personnage à part entière. Ce récit à une superbe ambiance, une âme, qui le rend plus profond, plus marquant que les autres récits d’amour d’adolescence.
Littérature. Lycée.
Larsson, Stieg, Millénium, la trilogie, Actes sud, "Actes noirs", 2006-2008
Tome 1 : "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes".
Ancien rédacteur de Millénium, revue d'investigations sociales et économiques, Mikael Blomkvist est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis quarante ans. Dans le huis clos d'une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu'un se fait un malin plaisir de le lui rappeler à chacun de ses anniversaires.
Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, placée sous contrôle social mais fouineuse hors pair, Mikael Blomkvist, cassé par un procès en diffamation qu'il vient de perdre, se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu'au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier.
Régulièrement bousculés par de nouvelles informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l'écorchée vive vont résoudre l'affaire des fleurs séchées et découvrir ce qu'il faudrait peut-être taire.
Pour moi qui suit loin d’être une amatrice de polar, cette saga m’a ravie et passionnée. Le dépaysement en Suède est assuré, les persos sont attachants, matures et sombres et l’intrigue bien ficelée.
Lisbeth est en total décalage avec la société, Mikaël, lui, est plein de rigueur et de droiture… hormis en amour. Le clash entre leurs manières de vivre et leurs caractères nous offrent de bons moments.
Du coté de l’histoire, on peut considérer le 1er tome comme une intro, prétexte à la rencontre de nos deux héros. Les tomes 2 et 3 sont centrés sur la trame principale liée au passé de Lisbeth. Mon tome préféré est le 1er, pour son ambiance en « huis clos » sur l’île.
Zélazny, Roger, Le cycle des princes d'Ambre, Gallimard, « Folio SF ».5 volumes.
Un amnésique s'échappe d'un hôpital psychiatrique après avoir découvert le nom de la personne qui l'a fait interner : Flora, sa propre sœur. Celle-ci lui révèle qu'il se nomme Corwin, et qu'il est l'un des neuf frères qui se disputent le pouvoir au royaume d'Ambre, le seul monde réel dont tous les autres sont des reflets, des ombres ; que les princes d'Ambre ont la faculté de parcourir ces univers parallèles par la puissance de leur seule volonté.
Recouvrant peu à peu la mémoire, Corwin entame un périlleux voyage en direction d'Ambre, glissant d'ombre en ombre dans le but de disputer au prestigieux Eric, le plus brillant des princes, le trône du royaume.
Le cycle des princes d'Ambre est une grande référence de la littérature fantastique : un scénario riche, de très nombreux personnages et complots.
Eddings, David, La Belgariade, Pocket Fantasy. 5 tomes.
Et les dieux créèrent l'homme, et chaque dieu choisit son peuple.
Ah ! Que le monde était jeune, que les mystères étaient limpides ! Mais Torak, le dieu jaloux, vola l'Orbe d'Aldur, le joyau vivant façonné par l'aîné des dieux, et ce fut la guerre. Le félon fut châtié ; à Cthol Mishrak, la Cité de la Nuit, il dort toujours d'un long sommeil hanté par la souffrance.
Le fleuve des siècles a passé sur les royaumes du Ponant. Les livres des présages ne parlent plus qu'aux initiés, mais ils sont formels : Torak va s'éveiller. Et justement l'Orbe disparaît pour la seconde fois. Que le maudit la trouve à son réveil et il établira son empire sur toutes choses.
David Eddings est un grand nom de l’héroïc fantasy mondial. La Belgariade est son 1er grand cycle, mais toute ses œuvres son intéressantes. C'
Kay, Guy Gavriel, La tapisserie de Fionavar, J’ai lu « fantasy » Trilogie.
| Ils sont cinq, femmes et hommes, tous vivant à Toronto au Canada ; ils sont jeunes, étudiants ou déjà dans la vie active, tous rationnels. Or, les voici projetés dans Fionavar, le Grand Univers dont le nôtre n'est qu'une ombre bien pâle ! Malgré la protection offerte par Mantel d'Argent le magicien, ils sont aussitôt pris dans les premières escarmouches de la guerre qui oppose les forces des Lumières à celles des Ténèbres. Car Rakoth Maugrim, le dieu renégat, a trouvé moyen de se libérer de sa prison millénaire... |
Une trilogie originale reprenant quelques grands thèmes des légendes nordiques.
Weis, Hickman, Les chroniques de Lancedragon, Milady, 2008. 2 trilogies fondatrices .
| En ces temps ténébreux, compagnons d'aventure, il reste un seul espoir : trouvons la Lancedragon ! Les dragons vont-ils rayer Krynn de la carte ? D'urgence, une poignée de braves se réunissent sous le commandement de Tanis le demi-elfe : Caramon le guerrier, Raistlin le sorcier - son frère jumeau - , Sturm le chevalier, Flint Forgefeu le nain, Tass Racle-Pieds le kender : des noms qui resteront dans la mémoire ! Leur mission ? Ramener aux hommes le secret de l'antique Lancedragon, la seule arme capable de terrasser les monstres cracheurs de feu. |
Lancedragon reste à ce jour l'une des oeuvres majeures de la Fantasy. Peut-être parcequ'elle est l’une des plus anciennes. L'écriture, fluide, simple, avec beaucoup de dialogues n’est pas aussi recherchée que chez Tolkien, ce qui la rend plus facile d’accès. C’est typiquement de l’heroïc fantasy avec les dragons, sorciers, elfes, guerriers et autres forces obscures.
Dans un style radicalement différent :
Barbery, Muriel, L'Elégeance du hérisson, Gallimard, "Blanche".
Pour vivre heureuse la Mère Michel a décidé de vivre cachée. Concierge du 7 rue de Grenelle à Paris, Renée Michel a cinquante-quatre ans, elle est veuve, petite, laide, grassouillette, pauvre, discrète et insignifiante. L’immeuble est occupé par la fine fleur de la haute bourgeoisie, de la droite ultra-conservatrice à la gauche caviar, tout ce beau monde étant doté d’une progéniture brillante. Pour eux la concierge n’est pas même pas une personne, simplement une fonction, celle de garder les clefs ou de sortir les poubelles. Aucun d’entre eux ne soupçonnerait qu’elle est plus cultivée qu’eux tous réunis. Madame Michel est mélomane, cinéphile, elle adore la peinture, lit beaucoup, surtout Tolstoï (qu’elle adore au point d’avoir nommé son chat Léon). Elle est capable de réfuter la phénoménologie de Husserl tout en prenant soin de faire croire à son entourage qu’elle passe sa vie à regarder des jeux télévisés. Sa vision des occupants de son immeuble est une radiographie, féroce et lucide de notre société contemporaine. Elle rejoint d’ailleurs celle d’une autre occupante de la maison, une gamine surdouée, déjà revenue des faux-semblants de la comédie sociale dont elle a décidé de se retrancher. Ces deux-là vont finir par se reconnaître sous l’égide d’un nouvel arrivant, un certain M. Ozu lointainement apparenté au cinéaste japonais que la concierge admire tant.
A mon sens, un des meilleurs romans des ces dernières années. C’est à la fois, drôle, intelligent et émouvant. Néanmoins, la richesse du vocabulaire rend ce roman difficile d’accès aux élèves. Il est donc à réserver aux bons lecteurs qui vous remercieront grandement de cette découverte.
Mazard, Claire, On s'était dit pour la vie, De la Martinière, « confessions », 2004.
Rentrée de seconde. Pour moi, la vie continue, ou plutôt je continue malgré la vie. C'est alors que j'aperçois tes yeux rieurs, Isabelle, et ton amitié va bousculer mon existence. Nos fous rires, nos rêves, je m'en souviens encore, ce pull-marin, nos cours de théâtre, notre escapade au Pérou... La vie n'est pas dans les romans, il faut la vivre, m'avait-on dit. C'est ce que tu m'as appris à faire. Alors pourquoi, Isabelle, pourquoi ? Un jour, le téléphone sonne et tu m'annonces la nouvelle. Je suis anéantie. Pourquoi as-tu fait ce choix-là ? Aujourd'hui encore, je cherche la réponse...
Les éditions de la Martinière ont crée la collection "confessions" qui rassemble des récits d'auteurs de littérature de jeunesse qui racontent leur enfance. Ce sont des récits extrêmement courts mais émouvants.
Claire Mazard signe ici un témoignage sur l'amitié à l'âge adolescent et sur les choix que l'on doit faire à l'âge adulte. L'histoire, tout d'abord légère et pleine de poésie, devient déchirante. Très bien écrit, c’est un livre à fleur de peau qu’il faut lire d’une traite.
J’espère que cela vous aura donné quelques idées.
Bonnes vacances !
Elsa Froidefont, lycée de la Tourelle, Sarcelles.