Compte rendu de la première demi-journée optionnelle : Salon Intertice. Jeudi 7 Fevrier, 14h -17h, Grande Arche de la Défense.

Publié le par Les documentalistes du bassin de Sarcelles-Gonesse

Nous étions environ 200 le jeudi 7 février pour assister, dans le cadre d’un salon Intertice organisé par le CRDP et la mission Tice (Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement) de l'académie de Versailles, à une conférence donnée par Madame Blanquet, maître de conférence en sciences de l'information à l'université de Bordeaux 3, vice présidente et membre du jury pour les CAPES interne et externe, aujourd'hui à la retraite.

Le thème : quelles missions pour le professeur documentaliste demain ?


Ayant quitté nos établissements pour la plupart en fin de matinée, nous sommes arrivés sur place vers 14h30 (après, pour certains, nous être perdus dans l'espace de la Grande Arche). La première conférence étant programmée pour 15h30, la seconde pour 16h30 (la salle prévue à l’origine n’était pas disponible, celle mise à disposition ne pouvait accueillir qu'une centaine de personnes), nous avons intégré la file d'attente dès 15h. Ainsi nous n’avons pu visiter les différents stands que très superficiellement ou pas du tout. Certains professeurs documentalistes, présents parfois dès le matin, nous ont fait part de leur déception face à la «pauvreté» des stands et à l'orientation clairement commerciale de quelques uns d'entre eux.

 

Donc... après un appel au calme de Monsieur Bouillon, IA IPR-EVS (on pouvait craindre des bousculades), nous avons pu, presque tous, sans incident, accéder à la salle de conférence en occupant l’intégralité de l’espace, moquette comprise. Les quelques personnes restées dehors nous ont rejoints en fin d’après-midi, comprenant qu’il n’y aurait pas de deuxième conférence, la première s’étant finalement prolongée jusqu’à 17h30 environ. Beaucoup de choses ont été dites, intéressantes, concernant la documentation (il n’y a de documentation que pensée, choisie, organisée), son histoire «petit à petit, le document devient ce que chaque personne consulte pour construire son savoir et à travers lui se construire» cf. texte de la conférence, les mutations engendrées par l’informatique, Internet et le tout numérique «qui changent nos façons de lire et d'écrire, mais aussi de nous informer» cf. texte de la conférence.link
Mais une question centrale, objet de polémique et parfois d’indignation a occupé une bonne partie de cette rencontre : les professeurs documentalistes sont-ils des professeurs ou au moins des enseignants ? D’emblée Madame Blanquet exclut que nous puissions être des professeurs puisque nous n’enseignons pas une matière. Oui. Mais il nous a semblé à ce moment, que Madame Blanquet nous refusait aussi la qualité d’enseignant (même si celle-ci «est inscrite étymologiquement dans le mot document»), qu'elle privilégiait l’aspect technique de notre métier, oubliant que nous travaillons dans des établissements scolaires et que nos missions sont celles, nobles, inscrites dans l’école, dans ses valeurs républicaines de transmission, de médiation, de partage, d'égalité et de liberté, comme l'a rappelé Madame Houpert, IA IPR-EVS (manifestement aussi émue, et aussi déstabilisée que nous), orientées vers l’humain au moins autant que vers la technique.
Toutes les interventions du public avaient manifesté déjà notre attachement à cet aspect du métier même si nous revendiquons aussi d’être des techniciens, «capables de construire et de mettre à disposition de façon pertinente un fonds documentaire» ; nous rendons compte ici d’une réponse faite par un professeur documentaliste à Madame Blanquet qui semblait aussi vouloir nous refuser cette part de professionnalisme. Nous souffririons selon elle d'un «défaut de formation».
Le malaise, le malentendu étaient suffisamment lourds ce jour là, relayé par un billet d'humeur de l'ADBEN (Association des Documentalistes Bibliothécaires de l'Education Nationale) pour que Monsieur Bouillon s'émeuve lui aussi et nous fasse parvenir le texte de la conférence qui sur l'essentiel rétablit l'équilibre. Oui, les professeurs documentalistes (l'expression est donnée telle quelle) sont bien des enseignants, oui, ils sont et doivent être en même temps que des techniciens, non seulement des médiateurs, mais aussi et surtout des formateurs. Madame Blanquet, se référant à Charles Ammi Cutter, «père de l'Expansive Classification» conclut son texte avec ces mots «il appartient aux bibliothécaires (professeurs documentalistes ?) de former les enfants dès leur plus jeune âge». Nous voilà donc réconciliés.


Alors, quelles seraient nos missions pour demain? Celles qui sont les nôtres aujourd'hui : collecter, traiter, mettre à disposition les documents; accueillir, former, transmettre, guider vers l'autonomie nos élèves.
Ou bien deviendrions-nous, dans un cadre modifié, des documentalistes de l'ombre, en charge de la politique documentaire dans l'établissement, des futurs Centres de connaissance et de Culture et dont la présence auprès des élèves ne serait plus aussi nécessaire? «Le documentaliste est celui qui trace les routes qui mènent l'utilisateur au document pertinent. Mais sa présence en cet instant de rencontre n'est pas indispensable » nous dit Marie-France Blanquet.
Le débat est à suivre.


Merci aux professeurs documentalistes qui nous ont communiqué leurs notes nous aidant de cette façon à rédiger ce compte rendu.
Hélène Migeat, Amandine Leclerc, Maurice Benassayag

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans Réunions de bassin

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